Le petit monde de Damien

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Hummer

L'auteur est en colère et il souhaite le faire savoir! Aussi, les billets de cette section sont chargés négativement contre un sujet, avec des arguments plus ou moins contrôlés.

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi 15 décembre 2009

Politique poubelle

castafiore_morano.jpg

15 décembre

Le débat qui craint

J'ai déjà dit plusieurs fois le bien que je pensais de Nadine Morano, Secrétaire d'Etat à la famille, tendance conservatrice-rageuse-trolleuse à fort potentiel (avec les jeux vidéos ou avec les internautes), mais voici un pas de plus d'accompli. Actuellement, le gouvernement s'est enlisé majestueusement dans un bourbier avec le débat sur l'Identité Nationale, débat hautement sensible et sujet à dérapages incontrôlés à n'importe quel moment. De moins en moins jugé utile par les français (sur la nécessité du débat, selon un sondage LH2 pour le NouvelObs.com, seules 14 % des personnes interrogées considèrent que ce débat est "tout à fait nécessaire"), vu comme une tentative de récupération politique, il est le bon épouvantail à agiter pour tenter de reprendre une partie l'électorat FN qui se mord les doigts de son vote en 2007. Pas sur que cette fois, cela fonctionne, en dépit d'efforts répétés, notamment celui de Nadine Morano hier soir en Alsace.

neparlonspasdelaffairedreyfus.jpg

Déjà, le lieu de l'organisation du meeting n'était pas choisi au hasard, le village de Charmes dans les Vosges étant le lieu de naissance de Maurice Barrès, nationaliste français de la fin du XIXe siècle, antidreyfusard ultra (en référence aux deux camps qui se sont affrontés en France autour de l'affaire Dreyfus. Dans les grandes lignes, sa ligne de pensée était principalement axée sur l'amour de la Patrie, de l'Armée et l'attachement aux racines, mettant en œuvre le principe d'une hérédité psychologique différenciant le français de l'étranger. Avec des bases aussi saines, le débat sur l'Identité Nationale d'hier soir ne pouvait qu'être propice aux petites phrases bien senties...

Éloge de l'uniformité comme liant de l'identité française

"Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c'est qu'il aime son pays, c'est qu'il trouve un travail, c'est qu'il ne parle pas le verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers"
super-dupont.jpg

Et voila la phrase qu'on attendait tous, l'amalgame à vitesse supersonique, énonçant l'équation musulman = jeune + verlan + casquette à l'envers + glandeur au pied de sa cité + amateur de rap se complaisant à éructer qu'il nique la France... Si on devait mettre en place un permis à points sanctionnant ce genre de raccourcis honteux, Nadine Morano aurait été condamnée à un voue de mutisme pour une durée de 5 000 ans. Sauf que bon, il n'y a pas que des musulmans qui portent une casquette à l'envers, qui cherchent du travail et qui parlent le verlan. En simplifiant à l'extrême le raisonnement, il faudrait que tous les français se ressemblent, qu'il y ait une uniformisation des apparences et retirer tout ce qui ne fait pas bon français combo baguet / bérêt, un peu comme le Superdupont de Gotlib. Cette phrase est comme l'indique Arnaud Montebourg sur BFM TV une stigmatisation et le retour à une conception ethnique de la Nation...

Reste à voir ce qu'il va découler de ce genre de petite phrase juste bonne à satisfaire les discussions de café du commerce, mais le débat sur l'Identité Nationale devient un peu plus nauséabond qu'il ne l'était auparavant.
Il y avait un temps un groupe Facebook "pour la mise sur orbite géostationnaire de Nadine Morano". Je suggèrerais qu'elle adopte plutôt la même trajectoire que le sondes Voyager, c'est à dire au delà du Système Solaire...

vendredi 3 avril 2009

Hadopi votée : la honte a un nom

analbanel.jpg

Ne donnons pas dans le sensationnalisme, depuis le début nous le savions, le gouvernement et les rapporteurs du projet de loi Création et internet passeraient au forceps pour imposer leur projet de loi, somme toute avec peu de modifications par rapport à la version provenant du Sénat (votés sans grosse résistance non plus). Pour avoir suivi les débats le plus longtemps possible, j'aurais pu écrire ce billet hier soir, juste après le vote peu avant minuit, mais les circonstances ayant concouru à l'adoption de ce projet honni n'auraient fait que me faire écrire de la bile et des propos injurieux. Dans le contexte où la Loi de Confiance en l'Economie Numérique (LCEN) et la loi DADVSI s'appliquent, ça ne serait guère raisonnable. Tout comme les envies de distributions de mandales gratuites envers ceux qui imposent des lois sans même savoir un instant si celles-ci sont applicables, réalisables et acceptées par leurs électeurs.

Un sale goût dans la bouche au réveil

Parlons-en des électeurs. Concernant les débats, le gouvernement et les rapporteurs ont sous-entendu plusieurs fois que la majorité des gens étaient pour leur projet, permettons-nous d'en douter, puisqu'il s'agit avant tout d'un manque cruel d'informations. Combien de fois la télévision ou la radio en ont parlé? Quasiment pas. Pour être informé, il fallait surfer sur des sites d'actualité informatique tels que PCImpact, Numerama ou bien le site Ecrans.fr de Libération. La seule solution est à présent de faire tourner au mieux l'information à ses proches, les sensibiliser au problème et leur faire prendre conscience qu'on se moque éperdument d'eux, vu qu'ils reconduiront aux prochaines élections la même bande de branques. C'est donc avec tristesse que je prends conscience d'appartenir au pays le plus con de la planète, là où tous les autres Etats ayant conduit un projet similaire se sont arrêtés à temps, notamment l'Angleterre et la Nouvelle Zélande. Toutefois, ce projet de loi aura eu des effets de bord notables, avec une fréquentation du site de l'Assemblée Nationale en très forte hausse (jusqu'à 3 500 visiteurs connectés pour suivre les débats en ligne). Même dans les tribunes du public à des heures indues (le créneau 21h30-2h du matin au plus tard) était rempli par des internautes qui y ont vu l'occasion de suivre en vrai les joutes oratoires de l'Hémicycle.Malheureusement, quand on sait qu'un projet de loi aussi important est adopté par 16 députés seulement, on est en droit de se poser des questions. L'explication apportée est que si un grand nombre de députés de l'opposition étaient entrés pour faire passer un amendement salvateur, aussitôt ceux de la majorité seraient entrés pour faire opposition. Au final l'équilibre n'aurait pas été modifié. C'est dur à avaler, mais il fallait mieux réfléchir en 2007, tout simplement.

Un semi-remorque avec un moteur de 2CV et des roues de poussette, voila Hadopi

2CV-truck.jpg

Alors c'est à présent qu'il est temps de rire un peu, quand on a des connaissances techniques sur le sujet. Rappelons le principe : Hadopi est une haute autorité en charge de surveiller les connexions des internautes français et d'envoyer au titulaire de la ligne deux courriels d'avertissement, puis un courrier recommandé si jamais son point d'accès est pris en train de télécharger sur des réseaux Peer to Peer. Ensuite, la ligne peut être suspendue pour une durée d'un mois à un an. Ca c'est pour le principe général, mais Hadopi a des missions supplémentaires : un principe de labellisation et de surréférencement des offres dites légales et la possibilité de recourir au filtrage via la décision d'un juge. Mais le plus drôle est à venir : Dans ses chiffrages, Hadopi prévoit d'envoyer 10 000 mails, 3 000 recommandés et opérer la suspension de 1 000 lignes par jour. Ne serait-ce que pour les mails, il y a de quoi se faire black-lister pour spamming. Argument décrit dans les débats : avec des chiffres pareil, il faudra aux membres de cette haute autorité statuant sur le sort des internautes, prendre une décision toutes les 25 secondes pour tenir les objectifs. Et bien entendu, les droits de la défense n'existeront pas, ou bien à posteriori, car l'internaute n'aurait jamais le temps en 25 secondes de présenter des éléments lui permettant de se disculper. Sans compter toutes les missions autour, notamment la labellisation des offres légales, qui nécessite un travail de veille et de mise à jour régulières. Surtout avec seulement sept personnes pour la faire fonctionner! Mais ce n'est pas le seul écueil technique.
Dans son principe, l'Hadopi sanctionne le titulaire d'une ligne sans réellement savoir si c'est bien l'un des ordinateurs du titulaire qui a commis le téléchargement. La technologie Wifi étant ce qu'elle est (et plus particulièrement ses algorithmes de sécurisation), il est tout à fait possible de se connecter en milieu urbain sur le point d'accès du voisin pour télécharger à son insu. Pour nous c'est pas grave, pour lui ça le sera. Et comme la majorité des box sont en standard en crypage WEP, aussi efficace qu'une passoire pour retenir l'eau et que la plupart du grand public n'y connait pas grand chose en matière de sécurisation de son accès à Internet, il y aura matière à rigoler. D'ailleurs pour contrer cela, les têtes pensantes (on se demande si ça fonctionnait bien là haut) veulent tout simplement pour dédouaner les utilisateurs innocents qu'ils installent une sorte de mouchard qui certifiera que leur ordinateur n'a pas servi à télécharger le dernier album du Carla Bruni. Outre le fait qu'il représente une atteinte à la protection de la vie privée, aucune indication de sa compatibilité avec les systèmes et les logiciels libres n'a été précisée (au passage, les acteurs français du libre déplorent ce projet, qui ne présente pas la France sous son meilleur aspect en termes d'innovation). Il a même été question hier que ce système de protection prenne la forme d'une puce sur la carte mère de l'ordinateur. A ce moment ils ont vraiment de l'espoir, car croyez-vous qu'un pays comme la France va réussir à faire que les fabricants des dites cartes-mères modifient leurs produits pour insérer une puce dont on ne connait même pas les spécifications fonctionnelles et encore moins techniques (sans parler des risques de conflit avec les autres matériels) rien que pour la France? Allons, allons réveillons-nous!
La faisabilité technique d'hadopi n'est pas garantie non plus. La suspension de l'accès Internet dans l'état actuel des infrastructures ferait que l'accès à la télévision et au téléphone serait coupé, dans le cas des offres en dégroupage total. Les fournisseurs d'accès ayant précisé qu'il fallait faire d'importantes modifications sur leur réseau, celles-ci ne seraient pas disponibles avant 18 mois à deux ans. Ce qui fait que même si le projet était appliqué dès à présent, il ne pourrait rien se passer avant deux ans.
De grosses réserves quand à la protection de la vie privée ont été soulevées. La Cnil n'aura pas voix au chapitre, des contingences de fichage des internautes ont été soulevées (conservation des données entre les différents avertissements) etc. Sale temps pour la liberté et les droits de l'Homme en France.

Le spectacle du n'importe quoi

infonuls.gif

Je ne vais pas faire le démontage complet de toutes les approximations techniques développées durant les débats. Il s'agissait d'un projet dont la dimension technique a prédominé. Les députés de l'opposition ont inlassablement demandé des réponses précises quand à des cas concrets si l'Hadopi était en fonctionnement. De la part de la Ministre de la (in)Culture et du rapporteur, il n'y a eu que des réponses floues ou des façons de non recevoir. Et devant les milliers d'internautes, qui par définition sont certainement bien plus au courant de la pratique de l'informatique que peuvent l'être Christine Albanel, Franck Riester ou bien Frédéric Lefebvre, lesquels ont brillé par leur incompétence et leur absence de connaissances sur l'informatique. Si au moins le sujet n'était pas si grave, on s'en serait un peu moqués. Mais nous avons eu le droit à un festival de perles les unes plus grosses que les autres. Florilège :

Christine Albanel :
  • « À l’occasion d’une expérience réalisée sur eDonkey, qui est un protocole pirate, on s’est aperçu que 40 % des titres de films pour les enfants étaient des films pornographiques. Les enfants qui tapent Winnie l’ourson, ont 40 % de risques de tomber sur des films pornographiques. » On sent le vécu
  • « Lorsque l’on achète un pack Microsoft avec Word, Excel, Powerpoint, qui ne sont pas des logiciels libres, il existe des pare-feux, des logiciels de sécurisation ; mais les logiciels libres peuvent aussi être assortis de pare-feux. Ainsi, au ministère de la culture, nous utilisons le logiciel libre Open Office, et un logiciel de sécurisation l’accompagne. Les éditeurs de logiciels libres fournissent les pare-feux, et même des pare-feux gratuits. Cet argument est donc dépourvu de fondement. » Celle-ci mériterait un PEBKAC d'or! A voir en direct
  • « Internet provoque tout à coup une sorte de tétanie (...) Il n’est pas inutile de rappeler que le système prévu a été élaboré de façon interprofessionnelle avec les fournisseurs d’accès à Internet pour essayer de défendre les droits des auteurs. On dirait qu’on veut absolument empêcher son adoption, en multipliant les obstacles les plus extraordinaires et les exigences les plus inouïes. » Peut être commencer par réfléchir quelques instants à la faisabilité d'un projet?
  • « Je vous assure que les artistes et créateurs qui soutiennent la loi sont bien plus faciles à trouver que ceux qui la combattent ! Des personnalités comme Juliette, Bertrand Tavernier, Costa-Gavras, Françoise Hardy, Thomas Dutronc, Sanseverino, Calogero la soutiennent… Ils sont des milliers à se manifester sans cesse ! Nous sommes puissamment soutenus par le milieu de la création, ainsi que par Jack Lang, qui en est très proche. » Belle représentativité, et belle liste des artistes à qui ne plus acheter de CD ou aller voir en concert.

La liste n'est pas exhaustive, mais représentative de l'inculture complète de notre ministre en matière d'informatique. Mais contre cette bande de bourriques entêtées, nous avons pu avoir le plaisir d'entendre cinq députés qui ont su mettre au jour l'ensemble des problèmes, des incohérences et des absurdités de ce projet de loi bancal et qui, nous le savons déjà est voué à l'échec, comme l'a été son prédécesseur DADVSI. Ces députés de gauche, Martine Billard, Jean-Pierre Brard, Patrick Bloche, Christian Paul et à droite Lionel Tardy ont défendu contre vents et marées leur opposition au texte. D'ailleurs les messages de remerciements et de félicitation affluent sur leurs blogs (ex : Lionel Tardy) et leurs boites mail. Malheureusement, la majorité des députés UMP ont suivi passivement (on se demande même s'ils y comprenaient quelque chose) et suivi comme des moutons afin que Christine ait son projet voté, comme une gamine trépigne avant d'avoir enfin nouveau jouet des mains de ses parents. Cette manie particulièrement agaçante en France que tout ministre en fonction cherche absolument à laisser une trace (ici c'est un étron sur du marbre) les dessert en termes de crédibilité. Par leur peur panique d'Internet, réseau ô combien de fois plus rapide et incontrôlable que la télévision, la radio ou les journaux, le pouvoir en place démontre encore plus clairement sa volonté de contrôler tout ce qui se passe sur son territoire. Mais de la manière dont c'est parti, ça ne fera pas un mètre avant de planter : Sept personnes ne pourront jamais faire toutes les missions qui leur seront proposées, la question des coûts a été purement et simplement éludée et la majorité des internautes disposant de compétences sait déjà comment contourner l'obèse autorité. Sans parler des recours devant le Conseil Constitutionnel, qu'on espèrera sensible aux éléments de menace sur les libertés fondamentales des citoyens (notamment le fait qu'une haute autorité bypasse la justice régulière) ainsi que sur les atteintes multiples à la vie privée portés par ce projet. Il reste aussi le parlement Européen en espérant que l'amendement Bono sera voté, la Cour Européenne des Droits de l'Homme et en dernier recours, les élections. Mais pour ces dernières, il faudra expliquer dans quel merdier nous allons nous retrouver projetés.
Et pour conclure sur une petite note joyeuse, Jean Pierre Brad, député Gauche démocrate et républicaine a pu se faire une popularité nouvelle auprès des Internautes par des interventions pleines de réparties. Des best-of circulent déjà sur DailyMotion et on trouve déjà une page Facebook dédiée!

vendredi 20 mars 2009

Le futur parti totalitaire : l'UMP

Dictator.jpg

Ca n'est pas une nouveauté, et c'est particulièrement sensible dans le cas du projet de loi sur Hadopi : l'UMP, dans sa quête quasi religieuse pour imposer son projet de loi bancal, liberticide et totalement inégalitaire (on en a déjà parlé ici, et ) ne recule devant rien, même l'interdiction du débat dans ses propres rangs. Nous l'avions déjà vu avec Muriel Marland-Militello et son blog (laquelle à la suite de l'assaut de visiteurs a préféré ne pas laisser les commentaires s'afficher, tout en se déclarant ouverte au dialogue), mais c'est encore plus net avec l'exemple d'aujourd'hui. Un message aux cerveaux de ce parti de dingues : si vous ne comprenez pas le sens des mots "démocratie" et "débat", merci de consulter de manière urgente leur définition sur tout bon dictionnaire de la langue française ; par ailleurs, si l'afflux de commentaires vous terrorise parce qu'il vous met face à vos contradictions et vos erreurs que vous ne voulez pas entendre, arrêtez de vous intéresser à la technologie, arrêtez les sites soit-disant collaboratifs au sein de votre parti, refaites des beaux sites en HTML fixe où la Bonne Parole vient d'en Haut et que votre masse d'adhérents n'aura qu'à diffusée tels les Témoins de Jéovah.

Tout cela pour vous relater le dernier exemple en date : le site des jeunes de l'UMP proposait jusqu'à il y a peu un billet critique et s'interrogeant sur les effets de bord du projet de loi Hadopi, ainsi qu'un certain nombre de commentaires pertinents. Grâce à PC-Inpact (décidément, ils ont l'oeil), nous savons que les dirigeants de l'UMP n'hésitent pas à réécrire des articles complets pour être sarko-compatible... Exemples :

« On se demande aussi ce qu’il en serait si les majors s’étaient occupés du problème dès le développement du premier grand site de piratage, Napster, qui aurait fêté ses dix ans dans quelques mois. Qu’en serait-il si elles avaient remis à plat leur modèle économique, proposé des formules innovantes, par exemple sous la forme d’abonnement, conclus des accords avec des opérateurs de téléphonie mobiles ou des fournisseurs d’accès à internet pour proposer de télécharger une quantité, limitée ou illimitée, de musique en échange d’un supplément raisonnable sur la facture téléphonique. »

Aaah! Mon Dieu! un révolutionnaire! sur mon site a du se dire un administrateur du site. Ca n'est pas sérieux, vite réécrivons tout ça! Et comme par magie, pour une fois qu'on trouvait un article sensé sur un site internet de droite, voila qu'il disparait. Et à la place on trouve ça ;

Le projet de loi création ou internet, plus connu sous le nom de loi HADOPI, a pour objectif de régler la question du téléchargement illégal. Défendu par Christine Albanel, ministre de la Culture, il est actuellement discuté à l'Assemblée Nationale . Ce projet est issu de la large consultation menée sous la houlette de l’ancien PDG de la Fnac Denis Olivennes » [...] « Le projet pour objectif de mettre un terme au pillage des œuvres culturelles sur internet. C’est une réalité, le piratage économique a un coût. A titre d’exemple, entre 2002 et 2007, le chiffre d’affaire du marché de la musique a été divisé par deux. D’après certaines estimations, 12 000 emplois supplémentaires, qui seraient directement à imputer au téléchargement illégal, pourraient disparaître à l’échelle 2012 dans le domaine de la culture »

C'est beau hein? De la belle langue de bois avec plein d'échardes piquantes. On aurait pu croire que personne ne l'aurait vu et que l'article initial serait perdu dans les limbes du réseau... Mais pas pour longtemps, car les accros au Google Cache et autres Wayback Machine ont sévi et c'est ainsi que PCInpact est en mesure de proposer l'article original ainsi que des commentaires qui vont dans le même sens. Un devoir de mémoire qui s'ajoute à la liste de plus en plus longue des bourdes d'un parti qui ne sait vraiment pas comment communiquer sur la Toile. A l'heure où j'écris ces lignes, le site des jeunes pops subit le même sort que le blog de Muriel Marland Militelllo : un afflux de visiteurs incontrôlés et par conséquent une surcharge de serveurs.

umpdown.jpg

mercredi 25 février 2009

Planquez-vous, achetez des boules Quies, Larusso est de retour (et en plus elle n'a pas changé)

aero-350.jpg

Via Unpied

Aaaah, Larusso... Tristes souvenirs qui me ressurgissent des tréfonds de ma mémoire, dans le rayon des horreurs à oublier. Dire qu'à la chorale au collège j'ai du chanter ça, sans parler des autres artistes au firmament à cette époque, c'était du bonheur en barres : Les Spices Girls, les 2B3, Worlds Apart, Florent Pagny, Lâam, etc. Heureusement qu'à l'époque, je me planquais derrière le Mac du prof pour lancer les pistes MIDI qu'il avait composées et qui nous servaient d'accompagnement musical (et accessoirement commencer à découvrir Mac OS 7.5) et que je ne donnais que rarement de la voix (d'ailleurs la dernière année, j'étais parvenu à shunter les deux concerts, l'un pour maladie, l'autre pour cause de voyage scolaire en Angleterre, le pied). Enfin bref, je m'éloigne. Si je parle de cette artiste (avec beaucoup de guillemets), c'est que non contente d'avoir cassé les oreilles de milliers d'ados il y a près de 10 ans, mademoiselle tente un come-back de derrière les fagots. Exit les choucroute bouclées et la teinture rouge, la lisseuse à travaillé sec ainsi que la teinture pitch black. Ok, toujours la même voix, l'emballage est différent. Pour ceux qui ne se rappellent pas, Larusso, c'était ce qui passait en boucle sur NRJ (haha), Fun (mouhaha), certainement Skyrock (mouhahahaha, au passage je n'ai jamais compris pourquoi elle n'a pas pris le nom "Skyrap" plutôt enfin bref), des radios top qualité (sic), et le single, Tu m'oublieras, vous martelait le cervelait avec des paroles inspirées : extraits

Tu oublieras
Tout le mal que tu as
En me regardant souffrir
Ces instants difficiles
Où tu ne sais plus quoi dire
Et qu'il faut simplement partir

...
Tu oublieras
Tout de nous
Quand ton souffle sera court
Quand ses yeux seront flous
Quand tu lui feras l'amour
Tu oublieras
Tu m'oublieras
zombie-gnaws-on-imac_270x405.jpg

C'est fort, c'est poignant, c'est... mièvre. Enfin bref, à l'époque les ados adoraient. Triste époque je vous le dis! Mis à part ce single tiré de son premier album en 1999, le suivant encore plus désespérant de vide paru deux ans plus tard l'avait envoyée aux oubliettes de la chanson française. Mais voila, comme dans les mauvais films d'horreur où le héros pense avoir terrassé l'abominable bête qui cherchait à le dévorer, voici qu'elle revient, huit ans plus tard, à la recherche de nouveaux cerveaux à essorer..; BRAIIIIIINNNNS!!. Au delà de cette introduction bien longuette, pourquoi voulais-je vous parler de ce genre de production juste bonne à faire jouir un Pascal Nègre en mal de fric, c'est que la demoiselle a des opinions bien arrêtées sur le téléchargment de musique. Pauvre petite, il y a beaucoup de boulot. Prenons l'interview donnée au site Ozap, pour elle, aucun doute : Je le dis clairement : c'est du vol. Il faut arrêter d'être gentil avec les gens qui téléchargent, ce sont des voleurs.... Ah tiens, c'est marrant ça me rappelle d'autres personnes tout aussi peu recommandables... Mais intéressons-nous de plus près à ses réponses. Je vous passe le début de l'interview totalement inintéressant dans notre cas, mais approchons nous d'une question intéressante, réside dans les raisons du succès en demi-teinte de son second album :

Et ce succès en demi-teinte alors, tu l'expliques comment ?
Je ne sais pas... je ne suis pas maître du système mais je pense que déjà en 2001, le marché du disque commençait à changer. Le téléchargement arrivait en masse. Après, je ne sais pas si cela explique tout. Je ne pense pas que ce deuxième album était mauvais et je n'avais pas pris beaucoup de risques. Les gens n'ont pas aimé, ils n'étaient pas au rendez-vous..

Clairement, la réponse se trouve dans la dernière phrase. Ca ne volait pas bien haut au départ, pas étonnant que personne n'ait envie de remettre à l'époque 130F dans un deuxième CD, à moins de vouloir nuire à l'espèce humaine! En 2001, Napster était certes à son apogée, mais qui en France avait une ligne téléphonique rapide pour télécharger à plus de 5 ko/s? Le phénomène du téléchargement est réellement entré dans les ménages deux ans après, à partir du moment où les lignes ADSL à 512 kbit/s et 1 mbit/s sont entrées dans les foyers. Alors mettre en cause dès le départ le téléchargement, c'est fumeux. Mais bon, Larusso était jeune à l'époque, elle n'avait peut être pas pris conscience de la médiocrité de son oeuvre...

Et quelle est ta position sur le téléchargement illégal ?
Je le dis clairement : c'est du vol. Il faut arrêter d'être gentil avec les gens qui téléchargent, ce sont des voleurs. C'est comme rentrer dans un magasin de fringues ou une boulangerie et aller voler des vêtements ou des bonbons. Un voleur est un voleur, peu importe ce qu'il vole. Nous on travaille, il y a plein de gens derrière. Et par un simple clic sur des sites de téléchargement illégaux, les gens mettent des centaines de personnes dans la merde. Des gens se font renvoyer dans les maisons de disques car les ventes ne marchent pas, et on met des gens au chômage. Je pense qu'il faut sensibiliser les gens qui sont derrière leurs ordinateurs. C'est pareil avec les films. Franchement, c'est un manque de respect et ça me dégoûte.

Han ouais ça m'dégoûte...Et la pensée originale? c'est la même doctrine que les dirigeants des maisons de disque. Pas la peine de commenter plus loin... ne serait-ce que le Nous on travaille traduit tout le côté péteux et pédant : Moi je fais de la musique, toi tu la fermes et tu raques, ça n'est pas la meilleure manière de se comporter envers son public (si tant est qu'il y en ait encore un). Voir son public comme un ramassis de délinquants ne peut être que préjudiciable aux ventes d'un disque. Car certes il y a du téléchargement, mais l'effet mécanique de son impact sur la vente des CD n'est pas aussi clair que le présentent les acteurs en place, il n'est pas automatique que quelqu'un téléchargeant un album d'un artiste n'ira pas courir chez son revendeur le plus proche pour acheter une édition collector, voire on peut rêver, la discographie complète... A titre d'exemple, méditez la très bonne formulation de Maître Eolas sur le sujet :

Car, et c'est là ma deuxième observation, rappelez vous ce que je vous ai dit. Le droit d'auteur est apparu pour protéger les auteurs contre les éditeurs qui s'enrichissaient sur leur dos, puis contre les producteurs de spectacle et les interprètes qui faisaient de même. Le combat des ayant-droits aujourd'hui présente une grande nouveauté : il oppose les ayant-droits à leur public, qui ne s'enrichit pas sur leur dos. Les musiciens insultent ceux qui apprécient leur musique en les traitant de voleurs, les réalisateurs font de même avec ceux qui apprécient leur film en les traitant de dealers.

Au final, on ne peut souhaiter qu'à Larusso de faire un flop monumental et de retourner dans les limbes de la musique française, qu'elles n'aurait pas du quitter... Et qui voudrait encombrer son disque dur avec ce genre de chose, même gratuitement?

mercredi 18 février 2009

Frédéric lefebvre, le nabaztag de la droite

Au passage, désolé de comparer un humain à ce petit concentré de technologie qu'est le Nabaztag. J'aurais pu le comparer à un Furby aussi, ç'aurait été plus pertinent s'il avait été connecté à Internet...

Lire la suite...

- page 1 de 2