Le petit monde de Damien

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jeudi 7 mai 2009

La première victime d'Hadopi se trouve chez TF1

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Le plus beau buzz depuis le début de la discussion sur la loi dite "Création et Internet" instaurant la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet, devançant largement le point Godwin de Christine Albanel, et le recours à OpenOffice, (suite bureautique de qualité gratuite qui évite à ceux qui n'ont pas les moyens d'acheter Office de le pirater) comme Pare-feu (alias Firewall, programme censé surveiller les connexions entrantes et sortantes afin d'empêcher l'entrée ou la sortie d'informations venant de sites ou de programmes malveillants), voici la première personne souffrant d'une suspension liée à cette loi. Bon, je reconnais, c'est tout à fait tendancieux comme accroche, sachant que la loi n'est pas (encore, remercions Copé et son armée de députés godilots zombies) votée et encore moins appliquée. Néanmoins, ce fait divers reflète une tendance peu glorieuse de notre beau pays. Après l'affaire du SMS vous apportant 24h de garde à vue dans une cellule insalubre, voici l'histoire de Jérôme Bourreau, travaillant à TF1 (chaine privée française spécialisée dans le vidage de cerveau dont on sait qu'elle est parvenue par des accointances hautes placées à torpiller France Télévisions sur les spots de publicité et qui s'en mord les doigts à présent) comme responsable du pôle innovation Web de TF1. Cette histoire nous est révélée par le quotidien Libération, qui y consacre une page entière et tease l'information depuis hier soir (depuis, l'article complet a été mis en ligne). Au mois de février dernier, il rédige un mail à partir de son adresse courriel privée à Françoise de Panafieu, députée candidate malheureuse à la mairie de Paris pour lui expliquer en quoi il se trouvait en désaccord avec la loi Création et Internet défendue alors à l'Assemblée Nationale.
Comme il est d'usage quand on ne connait pas trop le dossier, c'est de demander un argumentaire "à ceux qui savent", c'est à dire en l'occurrence ici au Ministère de la Culture. Et paf, surprise, début mars, Jérôme Bourreau est convoqué par sa hiérarchie, puis reçoit sa lettre de licenciement mi-avril pour l «divergence forte avec la stratégie» (de TF1). On croit rêver quand on lit ces lignes, il me semble pourtant que la liberté d'opinion est un droit garanti par notre Constitution non? Qui plus est à partir d'une correspondance privée. Et TF1 ne s'en cache pas :

le groupe y reproche à son salarié son mail à Panafieu « par lequel [il] fais[ait] valoir, en tant que salarié du groupe, [son] hostilité au projet de loi Création et Internet». «Cette correspondance nous est parvenue via le cabinet du ministre de la Culture qui l’a adressée le jour même à la société TF1.»"

Reste à savoir qui au ministère a été suffisamment zélé (et inconscient pour envoyer ce mail de but en blanc à la direction de TF1. Un acte de délation que Frédéric Lefebvre (toujours aussi inspiré dans sa médiocrité) ne renierait pas, ce dernier ayant déclaré de but en blanc que la dénonciation est un devoir républicain! Cette "affaire" fait tache d'huile sur Internet, puisqu'en interrogeant Google, on repère déjà 56 900 occurrences sur le moteur de recherches. Cela fait donc une nouvelle pierre en plus pour le Titanic Hadopi, qui bien lesté entre les cailloux semés par l'opposition, l'énorme rocher que représente l'amendement 138 revoté dans le cadre de la directive dite "Paquet Télécom" et toutes les casseroles trainées par ce projet moribond, ne devrait plus tarder à sombrer.

vendredi 3 avril 2009

Hadopi votée : la honte a un nom

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Ne donnons pas dans le sensationnalisme, depuis le début nous le savions, le gouvernement et les rapporteurs du projet de loi Création et internet passeraient au forceps pour imposer leur projet de loi, somme toute avec peu de modifications par rapport à la version provenant du Sénat (votés sans grosse résistance non plus). Pour avoir suivi les débats le plus longtemps possible, j'aurais pu écrire ce billet hier soir, juste après le vote peu avant minuit, mais les circonstances ayant concouru à l'adoption de ce projet honni n'auraient fait que me faire écrire de la bile et des propos injurieux. Dans le contexte où la Loi de Confiance en l'Economie Numérique (LCEN) et la loi DADVSI s'appliquent, ça ne serait guère raisonnable. Tout comme les envies de distributions de mandales gratuites envers ceux qui imposent des lois sans même savoir un instant si celles-ci sont applicables, réalisables et acceptées par leurs électeurs.

Un sale goût dans la bouche au réveil

Parlons-en des électeurs. Concernant les débats, le gouvernement et les rapporteurs ont sous-entendu plusieurs fois que la majorité des gens étaient pour leur projet, permettons-nous d'en douter, puisqu'il s'agit avant tout d'un manque cruel d'informations. Combien de fois la télévision ou la radio en ont parlé? Quasiment pas. Pour être informé, il fallait surfer sur des sites d'actualité informatique tels que PCImpact, Numerama ou bien le site Ecrans.fr de Libération. La seule solution est à présent de faire tourner au mieux l'information à ses proches, les sensibiliser au problème et leur faire prendre conscience qu'on se moque éperdument d'eux, vu qu'ils reconduiront aux prochaines élections la même bande de branques. C'est donc avec tristesse que je prends conscience d'appartenir au pays le plus con de la planète, là où tous les autres Etats ayant conduit un projet similaire se sont arrêtés à temps, notamment l'Angleterre et la Nouvelle Zélande. Toutefois, ce projet de loi aura eu des effets de bord notables, avec une fréquentation du site de l'Assemblée Nationale en très forte hausse (jusqu'à 3 500 visiteurs connectés pour suivre les débats en ligne). Même dans les tribunes du public à des heures indues (le créneau 21h30-2h du matin au plus tard) était rempli par des internautes qui y ont vu l'occasion de suivre en vrai les joutes oratoires de l'Hémicycle.Malheureusement, quand on sait qu'un projet de loi aussi important est adopté par 16 députés seulement, on est en droit de se poser des questions. L'explication apportée est que si un grand nombre de députés de l'opposition étaient entrés pour faire passer un amendement salvateur, aussitôt ceux de la majorité seraient entrés pour faire opposition. Au final l'équilibre n'aurait pas été modifié. C'est dur à avaler, mais il fallait mieux réfléchir en 2007, tout simplement.

Un semi-remorque avec un moteur de 2CV et des roues de poussette, voila Hadopi

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Alors c'est à présent qu'il est temps de rire un peu, quand on a des connaissances techniques sur le sujet. Rappelons le principe : Hadopi est une haute autorité en charge de surveiller les connexions des internautes français et d'envoyer au titulaire de la ligne deux courriels d'avertissement, puis un courrier recommandé si jamais son point d'accès est pris en train de télécharger sur des réseaux Peer to Peer. Ensuite, la ligne peut être suspendue pour une durée d'un mois à un an. Ca c'est pour le principe général, mais Hadopi a des missions supplémentaires : un principe de labellisation et de surréférencement des offres dites légales et la possibilité de recourir au filtrage via la décision d'un juge. Mais le plus drôle est à venir : Dans ses chiffrages, Hadopi prévoit d'envoyer 10 000 mails, 3 000 recommandés et opérer la suspension de 1 000 lignes par jour. Ne serait-ce que pour les mails, il y a de quoi se faire black-lister pour spamming. Argument décrit dans les débats : avec des chiffres pareil, il faudra aux membres de cette haute autorité statuant sur le sort des internautes, prendre une décision toutes les 25 secondes pour tenir les objectifs. Et bien entendu, les droits de la défense n'existeront pas, ou bien à posteriori, car l'internaute n'aurait jamais le temps en 25 secondes de présenter des éléments lui permettant de se disculper. Sans compter toutes les missions autour, notamment la labellisation des offres légales, qui nécessite un travail de veille et de mise à jour régulières. Surtout avec seulement sept personnes pour la faire fonctionner! Mais ce n'est pas le seul écueil technique.
Dans son principe, l'Hadopi sanctionne le titulaire d'une ligne sans réellement savoir si c'est bien l'un des ordinateurs du titulaire qui a commis le téléchargement. La technologie Wifi étant ce qu'elle est (et plus particulièrement ses algorithmes de sécurisation), il est tout à fait possible de se connecter en milieu urbain sur le point d'accès du voisin pour télécharger à son insu. Pour nous c'est pas grave, pour lui ça le sera. Et comme la majorité des box sont en standard en crypage WEP, aussi efficace qu'une passoire pour retenir l'eau et que la plupart du grand public n'y connait pas grand chose en matière de sécurisation de son accès à Internet, il y aura matière à rigoler. D'ailleurs pour contrer cela, les têtes pensantes (on se demande si ça fonctionnait bien là haut) veulent tout simplement pour dédouaner les utilisateurs innocents qu'ils installent une sorte de mouchard qui certifiera que leur ordinateur n'a pas servi à télécharger le dernier album du Carla Bruni. Outre le fait qu'il représente une atteinte à la protection de la vie privée, aucune indication de sa compatibilité avec les systèmes et les logiciels libres n'a été précisée (au passage, les acteurs français du libre déplorent ce projet, qui ne présente pas la France sous son meilleur aspect en termes d'innovation). Il a même été question hier que ce système de protection prenne la forme d'une puce sur la carte mère de l'ordinateur. A ce moment ils ont vraiment de l'espoir, car croyez-vous qu'un pays comme la France va réussir à faire que les fabricants des dites cartes-mères modifient leurs produits pour insérer une puce dont on ne connait même pas les spécifications fonctionnelles et encore moins techniques (sans parler des risques de conflit avec les autres matériels) rien que pour la France? Allons, allons réveillons-nous!
La faisabilité technique d'hadopi n'est pas garantie non plus. La suspension de l'accès Internet dans l'état actuel des infrastructures ferait que l'accès à la télévision et au téléphone serait coupé, dans le cas des offres en dégroupage total. Les fournisseurs d'accès ayant précisé qu'il fallait faire d'importantes modifications sur leur réseau, celles-ci ne seraient pas disponibles avant 18 mois à deux ans. Ce qui fait que même si le projet était appliqué dès à présent, il ne pourrait rien se passer avant deux ans.
De grosses réserves quand à la protection de la vie privée ont été soulevées. La Cnil n'aura pas voix au chapitre, des contingences de fichage des internautes ont été soulevées (conservation des données entre les différents avertissements) etc. Sale temps pour la liberté et les droits de l'Homme en France.

Le spectacle du n'importe quoi

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Je ne vais pas faire le démontage complet de toutes les approximations techniques développées durant les débats. Il s'agissait d'un projet dont la dimension technique a prédominé. Les députés de l'opposition ont inlassablement demandé des réponses précises quand à des cas concrets si l'Hadopi était en fonctionnement. De la part de la Ministre de la (in)Culture et du rapporteur, il n'y a eu que des réponses floues ou des façons de non recevoir. Et devant les milliers d'internautes, qui par définition sont certainement bien plus au courant de la pratique de l'informatique que peuvent l'être Christine Albanel, Franck Riester ou bien Frédéric Lefebvre, lesquels ont brillé par leur incompétence et leur absence de connaissances sur l'informatique. Si au moins le sujet n'était pas si grave, on s'en serait un peu moqués. Mais nous avons eu le droit à un festival de perles les unes plus grosses que les autres. Florilège :

Christine Albanel :
  • « À l’occasion d’une expérience réalisée sur eDonkey, qui est un protocole pirate, on s’est aperçu que 40 % des titres de films pour les enfants étaient des films pornographiques. Les enfants qui tapent Winnie l’ourson, ont 40 % de risques de tomber sur des films pornographiques. » On sent le vécu
  • « Lorsque l’on achète un pack Microsoft avec Word, Excel, Powerpoint, qui ne sont pas des logiciels libres, il existe des pare-feux, des logiciels de sécurisation ; mais les logiciels libres peuvent aussi être assortis de pare-feux. Ainsi, au ministère de la culture, nous utilisons le logiciel libre Open Office, et un logiciel de sécurisation l’accompagne. Les éditeurs de logiciels libres fournissent les pare-feux, et même des pare-feux gratuits. Cet argument est donc dépourvu de fondement. » Celle-ci mériterait un PEBKAC d'or! A voir en direct
  • « Internet provoque tout à coup une sorte de tétanie (...) Il n’est pas inutile de rappeler que le système prévu a été élaboré de façon interprofessionnelle avec les fournisseurs d’accès à Internet pour essayer de défendre les droits des auteurs. On dirait qu’on veut absolument empêcher son adoption, en multipliant les obstacles les plus extraordinaires et les exigences les plus inouïes. » Peut être commencer par réfléchir quelques instants à la faisabilité d'un projet?
  • « Je vous assure que les artistes et créateurs qui soutiennent la loi sont bien plus faciles à trouver que ceux qui la combattent ! Des personnalités comme Juliette, Bertrand Tavernier, Costa-Gavras, Françoise Hardy, Thomas Dutronc, Sanseverino, Calogero la soutiennent… Ils sont des milliers à se manifester sans cesse ! Nous sommes puissamment soutenus par le milieu de la création, ainsi que par Jack Lang, qui en est très proche. » Belle représentativité, et belle liste des artistes à qui ne plus acheter de CD ou aller voir en concert.

La liste n'est pas exhaustive, mais représentative de l'inculture complète de notre ministre en matière d'informatique. Mais contre cette bande de bourriques entêtées, nous avons pu avoir le plaisir d'entendre cinq députés qui ont su mettre au jour l'ensemble des problèmes, des incohérences et des absurdités de ce projet de loi bancal et qui, nous le savons déjà est voué à l'échec, comme l'a été son prédécesseur DADVSI. Ces députés de gauche, Martine Billard, Jean-Pierre Brard, Patrick Bloche, Christian Paul et à droite Lionel Tardy ont défendu contre vents et marées leur opposition au texte. D'ailleurs les messages de remerciements et de félicitation affluent sur leurs blogs (ex : Lionel Tardy) et leurs boites mail. Malheureusement, la majorité des députés UMP ont suivi passivement (on se demande même s'ils y comprenaient quelque chose) et suivi comme des moutons afin que Christine ait son projet voté, comme une gamine trépigne avant d'avoir enfin nouveau jouet des mains de ses parents. Cette manie particulièrement agaçante en France que tout ministre en fonction cherche absolument à laisser une trace (ici c'est un étron sur du marbre) les dessert en termes de crédibilité. Par leur peur panique d'Internet, réseau ô combien de fois plus rapide et incontrôlable que la télévision, la radio ou les journaux, le pouvoir en place démontre encore plus clairement sa volonté de contrôler tout ce qui se passe sur son territoire. Mais de la manière dont c'est parti, ça ne fera pas un mètre avant de planter : Sept personnes ne pourront jamais faire toutes les missions qui leur seront proposées, la question des coûts a été purement et simplement éludée et la majorité des internautes disposant de compétences sait déjà comment contourner l'obèse autorité. Sans parler des recours devant le Conseil Constitutionnel, qu'on espèrera sensible aux éléments de menace sur les libertés fondamentales des citoyens (notamment le fait qu'une haute autorité bypasse la justice régulière) ainsi que sur les atteintes multiples à la vie privée portés par ce projet. Il reste aussi le parlement Européen en espérant que l'amendement Bono sera voté, la Cour Européenne des Droits de l'Homme et en dernier recours, les élections. Mais pour ces dernières, il faudra expliquer dans quel merdier nous allons nous retrouver projetés.
Et pour conclure sur une petite note joyeuse, Jean Pierre Brad, député Gauche démocrate et républicaine a pu se faire une popularité nouvelle auprès des Internautes par des interventions pleines de réparties. Des best-of circulent déjà sur DailyMotion et on trouve déjà une page Facebook dédiée!

jeudi 2 avril 2009

Chattez avec tout à chacun, partout dans le monde!

Via Ecrans.fr...

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Non, ce n'est pas le contenu d'une pub pour un fournisseur d'accès que je vous refais (rappelez-vous la pub de l'Indien qui garde son doigt tout le temps levé, qui entreprend un voyage jusque dans nos contrées pour le poser de manière synchro sur un type en train de relacer sa chaussure... Vous allez me dire, encore une énième application pour chatter en ligne, comme si on n'avait pas assez à faire avec l'ex-Caramail, les chats bourrés de kikoos prépubères de Fun ou Skyrock ou encore de salons IRC (freenode, le plus gros serveur du genre)... Eh bien non! Voici Omegle, une application de chat anonyme s'exécutant dans votre navigateur qui vous permettra d'engager une conversation avec un parfait inconnu, pour peu qu'il soit connecté au même service, partout dans le monde. Voila qui va pouvoir faire travailler votre anglais à l'écrit, car c'est bien entendu la langue de référence pour commencer une discussion. Et comme sur Internet, on peut trouver tout et n'importe quoi, le bon comme le mauvais. Mais rassurons les paranoïaques tels Frédéric Lefebvre qui ne voient qu'en Internet une niche pour mafias, pédophiles et prédateurs en tout genres, le fond de l'humanité est bon, et la plupart des discussions s'engagent bien. En quelques sessions, j'ai pu discuter avec un chinois, quelques américains, un italien, un irlandais, un portugais et même un français qui consultait le même article que moi. Si vous avez quelques minutes à perdre, allez voir l'article de Libération (en tête du billet) et faites un essai, le concept est vraiment marrant.

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mercredi 11 mars 2009

Hadopi, le festival du n'importe quoi

Christine Albanel joue à Guitar Hero - Photo Nice Matin

L'examen de lu projet de loi Hadopi est sur le point de commencer, et déjà on pourrait se demander, à l'instar du procès foireux des acteurs de l'industrie culturelle intenté au tracker BitTorrent The Pirate Bay comment un projet aussi bancal puisse voir le jour. Entre une ministre complètement à la ramasse et des lobbies dont on se demande s'il n'y a pas du saupoudrage dans les bureaux dorés de la rue de Valois, qu'est-ce qui pourrait en ressortir de constructif? En un seul mot, rien.

Hadopi, un prétexte à un modèle économique sclérosé

Aujourd'hui est parue un rapport complet publié par l'UFC que Choisir. Bien que par moment cet organisme mette autant les pieds dans le plat en ce qui concerne la technologie, ils ont fait les choses en grand, en publiant une synthèse d'une trentaine de pages dont une partie réalisée sous contrôle d'huissier : la mise en pratique de l'ip spoofing ou usurpation d'adresse ip, mettant à mal le principal élément d'identification pour déclencher le feu répressif contre un internaute qui téléchargerait.
La synthèse est une charge complète contre l'argumentaire à sens unique du Ministère et des maisons de disques. Chiffres à l'appui, on constate :

  1. Les sommes perçues entre 2000 et 2007 par la SACEM vont croissant
  2. Si la vente de supports est certes en baisse, elle se voit compensée par les spectacles et les sonorisations d'évènements
  3. Si l'on se focalise uniquement sur le chiffres d'affaires, certes celui-ci a diminué. Mais ce n'est pas le cas du résultat net : conclusion, la musique coûte aujourd'hui moins cher à produire
  4. Les dépenses des ménages en produits culturels n'ont jamais été aussi hautes
Par ailleurs, le rapport pointe le demi-échec des offres dites légales enfermant leurs utilisateurs dans des choix fermés et non interopérables, DRM oblige. La conclusion de la première partie du rapport, laquelle pointe le fait que contrairement aux discours dignes d'un bon Caliméro, les maisons de disques ne sont pas condamnées à la disparition. Aussi le conseil de l'UFC pourrait se traduire vulgairement par Allez les Majors, sortez vous les doigts du cul!

Hadopi, une usine à gaz complètement obsolète dès son déballage

C'est le principal argument. A l'image d'un ordinateur neuf qui perd déjà de sa valeur à peine sorti du carton et de ses plastiques protecteurs, le projet de loi Hadopi est l'exemple même du produit périmé avant usage. Non seulement il n'est pas déjà très ragoûtant, mais il sent la mort à des kilomètres à la ronde. L'UFC pointe de nombreux griefs liés à ce projet :

  1. Non respect de la présomption d'innocence
  2. Non respect des engagements en termes de respect de la vie privée et de l'identité numérique
  3. Un projet qui ne montre qu'un aspect répressif, et ne proposant pas d'alternatives crédibles au téléchargement illégal
  4. Un projet qui se retrouve à contre courant des orientations de l'Europe
  5. Irréaliste techniquement
  6. Le fait que l'adresse IP n'est pas un élément assez fiable pour identifier un internaute

Offrez "L'ordinateur pour les Nuls" à Christine Albanel!

Non contente de porter à bout de bras un projet bancal, attaqué de toutes parts par des associations, des citoyens, des artistes et des hommes politiques appartenant à la majorité, Madame Albanel manifeste son ignorance la plus crasse en ce qui concerne la technologie de communication sur Internet. Avant de vouloir légiférer peut être serait-il bon de commencer par maîtriser son sujet? Car à l'instar de Frédéric Lefebvre (déjà dézingué céans), cette dernière mélange tout et se permet (c'est le métier de ministre semble-t'il de raconter n'importe quoi. Dernier épisode en date : la charge contre la Quadrature du Net, association cerbère de toute atteinte aux droits des citoyens sur Internet : Qualifiés de cinq gus dans un garage selon une dépêche AFP (rapidement corrigée par la suite), le ministère a trouvé le moyen de leur mettre sur le dos la quantité somme toute très importante de courriels envoyés par des citoyens aux députés; leur demandant de bien faire attention à ce qu'il pourrait se passer dans l'Hémicycle. Non seulement son cabinet n'a pas semblé se rendre compte que tous les citoyens connectés à Internet sont capables de rédiger un courriel (ou au pire d'adresser un courriel type), mais également de les accuser de fabriquer de fausses IP pour diffuser eux-mêmes tous leurs messages de remontrances! :

"la Quadrature du Net prétend porter la voix de centaines de milliers d’internautes mais nous savons qu’ils ne sont pas représentatifs (...) Il s’agit juste d’un groupe de pression qui s’est emparé de cette cause de manière illégitime et qui fabrique des adresses IP pour envoyer des mails !".

Face à une telle bande de bras cassés, on ne peut être atterrés que par les menaces que ce genre de personnes peut faire courir sur les libertés individuelles.

Le meilleur pour la fin

Il se trouve dans un annexe du rapport de l'UFC : le fait que l'adresse IP soit purement et simplement subtilisable pour qui exécute simplement quelques commandes avec un live CD Linux. Tout le processus est constaté par un huissier et relativement facile à reproduire. Evidemment Mr et Mme Toutlemonde ne seront pas intéressés, mais cette faiblesse structurelle du projet fait que le monstre législatif totalement inutile et inefficace doit être arrêté avant d'être mis en liberté.

mercredi 18 février 2009

Frédéric lefebvre, le nabaztag de la droite

Au passage, désolé de comparer un humain à ce petit concentré de technologie qu'est le Nabaztag. J'aurais pu le comparer à un Furby aussi, ç'aurait été plus pertinent s'il avait été connecté à Internet...

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