Le petit monde de Damien

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mardi 15 décembre 2009

Politique poubelle

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15 décembre

Le débat qui craint

J'ai déjà dit plusieurs fois le bien que je pensais de Nadine Morano, Secrétaire d'Etat à la famille, tendance conservatrice-rageuse-trolleuse à fort potentiel (avec les jeux vidéos ou avec les internautes), mais voici un pas de plus d'accompli. Actuellement, le gouvernement s'est enlisé majestueusement dans un bourbier avec le débat sur l'Identité Nationale, débat hautement sensible et sujet à dérapages incontrôlés à n'importe quel moment. De moins en moins jugé utile par les français (sur la nécessité du débat, selon un sondage LH2 pour le NouvelObs.com, seules 14 % des personnes interrogées considèrent que ce débat est "tout à fait nécessaire"), vu comme une tentative de récupération politique, il est le bon épouvantail à agiter pour tenter de reprendre une partie l'électorat FN qui se mord les doigts de son vote en 2007. Pas sur que cette fois, cela fonctionne, en dépit d'efforts répétés, notamment celui de Nadine Morano hier soir en Alsace.

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Déjà, le lieu de l'organisation du meeting n'était pas choisi au hasard, le village de Charmes dans les Vosges étant le lieu de naissance de Maurice Barrès, nationaliste français de la fin du XIXe siècle, antidreyfusard ultra (en référence aux deux camps qui se sont affrontés en France autour de l'affaire Dreyfus. Dans les grandes lignes, sa ligne de pensée était principalement axée sur l'amour de la Patrie, de l'Armée et l'attachement aux racines, mettant en œuvre le principe d'une hérédité psychologique différenciant le français de l'étranger. Avec des bases aussi saines, le débat sur l'Identité Nationale d'hier soir ne pouvait qu'être propice aux petites phrases bien senties...

Éloge de l'uniformité comme liant de l'identité française

"Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c'est qu'il aime son pays, c'est qu'il trouve un travail, c'est qu'il ne parle pas le verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers"
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Et voila la phrase qu'on attendait tous, l'amalgame à vitesse supersonique, énonçant l'équation musulman = jeune + verlan + casquette à l'envers + glandeur au pied de sa cité + amateur de rap se complaisant à éructer qu'il nique la France... Si on devait mettre en place un permis à points sanctionnant ce genre de raccourcis honteux, Nadine Morano aurait été condamnée à un voue de mutisme pour une durée de 5 000 ans. Sauf que bon, il n'y a pas que des musulmans qui portent une casquette à l'envers, qui cherchent du travail et qui parlent le verlan. En simplifiant à l'extrême le raisonnement, il faudrait que tous les français se ressemblent, qu'il y ait une uniformisation des apparences et retirer tout ce qui ne fait pas bon français combo baguet / bérêt, un peu comme le Superdupont de Gotlib. Cette phrase est comme l'indique Arnaud Montebourg sur BFM TV une stigmatisation et le retour à une conception ethnique de la Nation...

Reste à voir ce qu'il va découler de ce genre de petite phrase juste bonne à satisfaire les discussions de café du commerce, mais le débat sur l'Identité Nationale devient un peu plus nauséabond qu'il ne l'était auparavant.
Il y avait un temps un groupe Facebook "pour la mise sur orbite géostationnaire de Nadine Morano". Je suggèrerais qu'elle adopte plutôt la même trajectoire que le sondes Voyager, c'est à dire au delà du Système Solaire...

mercredi 2 décembre 2009

Jeux vidéos et politique - violence contre ignorance

2 décembre

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L'actualité l'a encore montrée récemment, à la lueur d'un fait divers qui aurait pu déboucher sur une fusillade à l'intérieur d'un établissement scolaire. Un adolescent de 13 ans a voulu pénétrer dans son collège armé d'un fusil apparemment pour "tuer certains de ses professeurs, ceux qui le réprimandaient, et s'enfuir ensuite" [...] et "également empêcher la tenue d'une réunion avec les parents d'élèves". (source Nouvel Obs). Fort heureusement, l'adolescent n'avait pu pénétrer dans l'établissement, celui-ci étant cerné par les forces de l'ordre. Celles-ci avaient été averties à la suite de la présence de messages suspects sur son blog. Devant la gravité des faits (malheureusement trop nombreux) pour un prétexte que l'on pourrait juger futile (Source Le Courrier Picard), l'on peut chercher le responsable de la situation. Et pour certains, il ne faut pas chercher trop loin, ce sont les jeux vidéos qui sont la cause du mal... Cela se voit particulièrement sur certaines dépêches, ou la classique expression "adepte des jeux vidéos" n'attend que d'en ajouter sur le dos d'un média florissant, et bien entendu, donnant l'occasion aux politiques, par défaut peu adeptes des jeux vidéos de lancer des déclarations à l'emporte pièce. Et dans cette catégorie, qui mieux que Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la famille pouvait ajouter son grain de sel?

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lundi 14 septembre 2009

Assumez!

La petite vidéo qui monte, qui monte, qui monte...

Depuis 2007, la sursaturation des médias par un "hyperprésident" combiné à l'évolution du réseau Internet ont contribué à faire émerger les petites séquences qui font couler de l'encre, celles qui d'ordinaire étaient filtrées par la plupart des médias et que l'on sortait en de grandes occasions, pour faire le scoop de l'année. Faut dire aussi que sur n'importe quelle pièce de l'échiquier politique, on a de la matière. Le buzz, comme on l'appelle, on en a déjà parlé plusieurs fois ici, bouscule les médias classiques en les faisant reprendre et amplifier ce qui circule sur Internet. Petite rétrospective :

Le G8 "alcoolisé"

Nos amis belges, qui ont vraisemblablement des journalistes moins timorés que les notres ont dégainé très rapidement avec cette séquence tournée au G8 de 2007 où notre petit Nicolas semblait essoufflé à défaut d'être éméché. Vu la réputation de sobriété qui précédait le personnage, la première option a été l'explication la plus rationnelle. Néanmoins, la vidéo a tourné très rapidement et les médias français ont mis beaucoup de temps à la diffuser sur leur propre antenne

"Casse-toi pauv'con

Il s'agit de la "masterpiece" de Nicolas depuis qu'il s'est installé à l'Elysée, c'est la vidéo qui a fait le plus de mal en termes d'image, que ce soit en France ou à l'étranger. La tradition de culture et de raffinement des locataires précédents était particulièrement mise à mal avec un type insultant ses concitoyens. Au moins Chirac avait eu le réflexe en situation similaire (se faisant interpeller au nom de "Connard!" de répondre "Enchanté, moi c'est Chirac!"

Ségolène Royal et les profs

Les offs sont également une zone à hauts risques pour les politiques. Il y a toujours une caméra, un téléphone portable ou un micro qui traine, et parfois ça dérape. Cette séquence sur le travail des profs a également fait son quota de remous

Frédéric Lefebvre, troll professionnel

Alors pour lui, même pas la peine de mettre une vidéo, autant mettre une compilation des plus belles billevesées qu'il a pu sortir. Au programme, le Blackberry qui ajoute des fautes d'orthographe, Frédo a Alzheimer, Il n'y a que des pédophiles et des terroristes sur Internet, il se fait remonter les bretelles en direct, il couaque à tout va, et pour quelqu'un censé être intéressé par la technologie, il ne sait pas ce que veut dire l'expression Web 2.0 etc. La vidéo ci-dessous n'est plus à jour, le gus en ayant déballé de belles depuis

Brice Hortefeux et le "prototype du magrhébin"

C'est celle qui fait le plus couler d'encre en ce moment, car au vu du curriculum de notre actuel Ministre de l'Intérieur et ancien Ministre de l'Identité nationale et de l'Immigration ça fait particulièrement tâche. En dépit d'appels à la démission, de menaces de poursuites pour injures racistes, l'ensemble de son parti fait bloc derrière lui en allumant contre-feux sur contre feux. En dépit d'images tournées par des caméras de télévision (et non un téléphone ou une caméra amateur) et d'explications particulièrement vaseuses et peu crédibles, on préfère se concentrer sur le lieu d'où ces images sont parties : les sites internet

La vigilance de tous les instants

Les politiques devraient garder perpétuellement à l'esprit qu'en déplacement public qui plus est lors de meetings, les caméras tournent à plein régime et les petits dérapages peuvent prendre des proportions considérables. Le gros inconvénient à présent, il vient principalement de la droite, qui se veut "décomplexée", mais qui n'assume vraisemblablement pas ce qui fuite sur Internet. Ce n'est pas pour rien qu'ils appellent à la régulation du Réseau (avec leurs petits doigts boudinés), en le faisant passer pour un caniveau malodorant où courent rumeurs et autres ragots. Et donc on entend certains accuser cette "transparence" pourtant voulue par certains comme les prémices du totalitarisme (Henri Guaino), d'autres comme un espace de non-droit qu'il faut absolument réduire au silence pour que ce qui met à jour le caractère ou les opinions de certains tourneurs de vestes et autres bonimenteurs au grand jour. L'irruption de la démocratie, du fait que les utilisateurs et citoyens puissent réellement avoir un impact ou un droit de regard sur ce que manigancent ceux qu'ils ont élus gène, et malgré tout il faudra s'y habituer. D'ailleurs, le dernier site en date, nosdéputés.fr permet pour les internautes de connaitre l'activité de tous les membre de l'Hémicyle, avec graphiques et pourcentages inclus. Particulièrement efficace pour cibler le godillot ou celui qui ne fait pas son boulot.
D'ailleurs, petit point commun entre les différentes vidéos présentées ci-dessus : toutes ont été relayées et amplifiées par les médias traditionnels, qui ensuite pour certains rejettent la faute sur les sites Internet qu'ils jugent peu crédible, distinguant le preux journaliste du colporteur de ragots numérique. Un peu trop facile et c'est très bien résumé par ce dessin

un seul mot donc : Assumez, car tout ce qui se passe sur le Internet y reste et une amende honorable ou des excuses peuvent parfois éteindre plus rapidement l'incendie que les stigmatisations puériles.

jeudi 7 mai 2009

La première victime d'Hadopi se trouve chez TF1

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Le plus beau buzz depuis le début de la discussion sur la loi dite "Création et Internet" instaurant la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet, devançant largement le point Godwin de Christine Albanel, et le recours à OpenOffice, (suite bureautique de qualité gratuite qui évite à ceux qui n'ont pas les moyens d'acheter Office de le pirater) comme Pare-feu (alias Firewall, programme censé surveiller les connexions entrantes et sortantes afin d'empêcher l'entrée ou la sortie d'informations venant de sites ou de programmes malveillants), voici la première personne souffrant d'une suspension liée à cette loi. Bon, je reconnais, c'est tout à fait tendancieux comme accroche, sachant que la loi n'est pas (encore, remercions Copé et son armée de députés godilots zombies) votée et encore moins appliquée. Néanmoins, ce fait divers reflète une tendance peu glorieuse de notre beau pays. Après l'affaire du SMS vous apportant 24h de garde à vue dans une cellule insalubre, voici l'histoire de Jérôme Bourreau, travaillant à TF1 (chaine privée française spécialisée dans le vidage de cerveau dont on sait qu'elle est parvenue par des accointances hautes placées à torpiller France Télévisions sur les spots de publicité et qui s'en mord les doigts à présent) comme responsable du pôle innovation Web de TF1. Cette histoire nous est révélée par le quotidien Libération, qui y consacre une page entière et tease l'information depuis hier soir (depuis, l'article complet a été mis en ligne). Au mois de février dernier, il rédige un mail à partir de son adresse courriel privée à Françoise de Panafieu, députée candidate malheureuse à la mairie de Paris pour lui expliquer en quoi il se trouvait en désaccord avec la loi Création et Internet défendue alors à l'Assemblée Nationale.
Comme il est d'usage quand on ne connait pas trop le dossier, c'est de demander un argumentaire "à ceux qui savent", c'est à dire en l'occurrence ici au Ministère de la Culture. Et paf, surprise, début mars, Jérôme Bourreau est convoqué par sa hiérarchie, puis reçoit sa lettre de licenciement mi-avril pour l «divergence forte avec la stratégie» (de TF1). On croit rêver quand on lit ces lignes, il me semble pourtant que la liberté d'opinion est un droit garanti par notre Constitution non? Qui plus est à partir d'une correspondance privée. Et TF1 ne s'en cache pas :

le groupe y reproche à son salarié son mail à Panafieu « par lequel [il] fais[ait] valoir, en tant que salarié du groupe, [son] hostilité au projet de loi Création et Internet». «Cette correspondance nous est parvenue via le cabinet du ministre de la Culture qui l’a adressée le jour même à la société TF1.»"

Reste à savoir qui au ministère a été suffisamment zélé (et inconscient pour envoyer ce mail de but en blanc à la direction de TF1. Un acte de délation que Frédéric Lefebvre (toujours aussi inspiré dans sa médiocrité) ne renierait pas, ce dernier ayant déclaré de but en blanc que la dénonciation est un devoir républicain! Cette "affaire" fait tache d'huile sur Internet, puisqu'en interrogeant Google, on repère déjà 56 900 occurrences sur le moteur de recherches. Cela fait donc une nouvelle pierre en plus pour le Titanic Hadopi, qui bien lesté entre les cailloux semés par l'opposition, l'énorme rocher que représente l'amendement 138 revoté dans le cadre de la directive dite "Paquet Télécom" et toutes les casseroles trainées par ce projet moribond, ne devrait plus tarder à sombrer.

vendredi 3 avril 2009

Hadopi votée : la honte a un nom

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Ne donnons pas dans le sensationnalisme, depuis le début nous le savions, le gouvernement et les rapporteurs du projet de loi Création et internet passeraient au forceps pour imposer leur projet de loi, somme toute avec peu de modifications par rapport à la version provenant du Sénat (votés sans grosse résistance non plus). Pour avoir suivi les débats le plus longtemps possible, j'aurais pu écrire ce billet hier soir, juste après le vote peu avant minuit, mais les circonstances ayant concouru à l'adoption de ce projet honni n'auraient fait que me faire écrire de la bile et des propos injurieux. Dans le contexte où la Loi de Confiance en l'Economie Numérique (LCEN) et la loi DADVSI s'appliquent, ça ne serait guère raisonnable. Tout comme les envies de distributions de mandales gratuites envers ceux qui imposent des lois sans même savoir un instant si celles-ci sont applicables, réalisables et acceptées par leurs électeurs.

Un sale goût dans la bouche au réveil

Parlons-en des électeurs. Concernant les débats, le gouvernement et les rapporteurs ont sous-entendu plusieurs fois que la majorité des gens étaient pour leur projet, permettons-nous d'en douter, puisqu'il s'agit avant tout d'un manque cruel d'informations. Combien de fois la télévision ou la radio en ont parlé? Quasiment pas. Pour être informé, il fallait surfer sur des sites d'actualité informatique tels que PCImpact, Numerama ou bien le site Ecrans.fr de Libération. La seule solution est à présent de faire tourner au mieux l'information à ses proches, les sensibiliser au problème et leur faire prendre conscience qu'on se moque éperdument d'eux, vu qu'ils reconduiront aux prochaines élections la même bande de branques. C'est donc avec tristesse que je prends conscience d'appartenir au pays le plus con de la planète, là où tous les autres Etats ayant conduit un projet similaire se sont arrêtés à temps, notamment l'Angleterre et la Nouvelle Zélande. Toutefois, ce projet de loi aura eu des effets de bord notables, avec une fréquentation du site de l'Assemblée Nationale en très forte hausse (jusqu'à 3 500 visiteurs connectés pour suivre les débats en ligne). Même dans les tribunes du public à des heures indues (le créneau 21h30-2h du matin au plus tard) était rempli par des internautes qui y ont vu l'occasion de suivre en vrai les joutes oratoires de l'Hémicycle.Malheureusement, quand on sait qu'un projet de loi aussi important est adopté par 16 députés seulement, on est en droit de se poser des questions. L'explication apportée est que si un grand nombre de députés de l'opposition étaient entrés pour faire passer un amendement salvateur, aussitôt ceux de la majorité seraient entrés pour faire opposition. Au final l'équilibre n'aurait pas été modifié. C'est dur à avaler, mais il fallait mieux réfléchir en 2007, tout simplement.

Un semi-remorque avec un moteur de 2CV et des roues de poussette, voila Hadopi

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Alors c'est à présent qu'il est temps de rire un peu, quand on a des connaissances techniques sur le sujet. Rappelons le principe : Hadopi est une haute autorité en charge de surveiller les connexions des internautes français et d'envoyer au titulaire de la ligne deux courriels d'avertissement, puis un courrier recommandé si jamais son point d'accès est pris en train de télécharger sur des réseaux Peer to Peer. Ensuite, la ligne peut être suspendue pour une durée d'un mois à un an. Ca c'est pour le principe général, mais Hadopi a des missions supplémentaires : un principe de labellisation et de surréférencement des offres dites légales et la possibilité de recourir au filtrage via la décision d'un juge. Mais le plus drôle est à venir : Dans ses chiffrages, Hadopi prévoit d'envoyer 10 000 mails, 3 000 recommandés et opérer la suspension de 1 000 lignes par jour. Ne serait-ce que pour les mails, il y a de quoi se faire black-lister pour spamming. Argument décrit dans les débats : avec des chiffres pareil, il faudra aux membres de cette haute autorité statuant sur le sort des internautes, prendre une décision toutes les 25 secondes pour tenir les objectifs. Et bien entendu, les droits de la défense n'existeront pas, ou bien à posteriori, car l'internaute n'aurait jamais le temps en 25 secondes de présenter des éléments lui permettant de se disculper. Sans compter toutes les missions autour, notamment la labellisation des offres légales, qui nécessite un travail de veille et de mise à jour régulières. Surtout avec seulement sept personnes pour la faire fonctionner! Mais ce n'est pas le seul écueil technique.
Dans son principe, l'Hadopi sanctionne le titulaire d'une ligne sans réellement savoir si c'est bien l'un des ordinateurs du titulaire qui a commis le téléchargement. La technologie Wifi étant ce qu'elle est (et plus particulièrement ses algorithmes de sécurisation), il est tout à fait possible de se connecter en milieu urbain sur le point d'accès du voisin pour télécharger à son insu. Pour nous c'est pas grave, pour lui ça le sera. Et comme la majorité des box sont en standard en crypage WEP, aussi efficace qu'une passoire pour retenir l'eau et que la plupart du grand public n'y connait pas grand chose en matière de sécurisation de son accès à Internet, il y aura matière à rigoler. D'ailleurs pour contrer cela, les têtes pensantes (on se demande si ça fonctionnait bien là haut) veulent tout simplement pour dédouaner les utilisateurs innocents qu'ils installent une sorte de mouchard qui certifiera que leur ordinateur n'a pas servi à télécharger le dernier album du Carla Bruni. Outre le fait qu'il représente une atteinte à la protection de la vie privée, aucune indication de sa compatibilité avec les systèmes et les logiciels libres n'a été précisée (au passage, les acteurs français du libre déplorent ce projet, qui ne présente pas la France sous son meilleur aspect en termes d'innovation). Il a même été question hier que ce système de protection prenne la forme d'une puce sur la carte mère de l'ordinateur. A ce moment ils ont vraiment de l'espoir, car croyez-vous qu'un pays comme la France va réussir à faire que les fabricants des dites cartes-mères modifient leurs produits pour insérer une puce dont on ne connait même pas les spécifications fonctionnelles et encore moins techniques (sans parler des risques de conflit avec les autres matériels) rien que pour la France? Allons, allons réveillons-nous!
La faisabilité technique d'hadopi n'est pas garantie non plus. La suspension de l'accès Internet dans l'état actuel des infrastructures ferait que l'accès à la télévision et au téléphone serait coupé, dans le cas des offres en dégroupage total. Les fournisseurs d'accès ayant précisé qu'il fallait faire d'importantes modifications sur leur réseau, celles-ci ne seraient pas disponibles avant 18 mois à deux ans. Ce qui fait que même si le projet était appliqué dès à présent, il ne pourrait rien se passer avant deux ans.
De grosses réserves quand à la protection de la vie privée ont été soulevées. La Cnil n'aura pas voix au chapitre, des contingences de fichage des internautes ont été soulevées (conservation des données entre les différents avertissements) etc. Sale temps pour la liberté et les droits de l'Homme en France.

Le spectacle du n'importe quoi

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Je ne vais pas faire le démontage complet de toutes les approximations techniques développées durant les débats. Il s'agissait d'un projet dont la dimension technique a prédominé. Les députés de l'opposition ont inlassablement demandé des réponses précises quand à des cas concrets si l'Hadopi était en fonctionnement. De la part de la Ministre de la (in)Culture et du rapporteur, il n'y a eu que des réponses floues ou des façons de non recevoir. Et devant les milliers d'internautes, qui par définition sont certainement bien plus au courant de la pratique de l'informatique que peuvent l'être Christine Albanel, Franck Riester ou bien Frédéric Lefebvre, lesquels ont brillé par leur incompétence et leur absence de connaissances sur l'informatique. Si au moins le sujet n'était pas si grave, on s'en serait un peu moqués. Mais nous avons eu le droit à un festival de perles les unes plus grosses que les autres. Florilège :

Christine Albanel :
  • « À l’occasion d’une expérience réalisée sur eDonkey, qui est un protocole pirate, on s’est aperçu que 40 % des titres de films pour les enfants étaient des films pornographiques. Les enfants qui tapent Winnie l’ourson, ont 40 % de risques de tomber sur des films pornographiques. » On sent le vécu
  • « Lorsque l’on achète un pack Microsoft avec Word, Excel, Powerpoint, qui ne sont pas des logiciels libres, il existe des pare-feux, des logiciels de sécurisation ; mais les logiciels libres peuvent aussi être assortis de pare-feux. Ainsi, au ministère de la culture, nous utilisons le logiciel libre Open Office, et un logiciel de sécurisation l’accompagne. Les éditeurs de logiciels libres fournissent les pare-feux, et même des pare-feux gratuits. Cet argument est donc dépourvu de fondement. » Celle-ci mériterait un PEBKAC d'or! A voir en direct
  • « Internet provoque tout à coup une sorte de tétanie (...) Il n’est pas inutile de rappeler que le système prévu a été élaboré de façon interprofessionnelle avec les fournisseurs d’accès à Internet pour essayer de défendre les droits des auteurs. On dirait qu’on veut absolument empêcher son adoption, en multipliant les obstacles les plus extraordinaires et les exigences les plus inouïes. » Peut être commencer par réfléchir quelques instants à la faisabilité d'un projet?
  • « Je vous assure que les artistes et créateurs qui soutiennent la loi sont bien plus faciles à trouver que ceux qui la combattent ! Des personnalités comme Juliette, Bertrand Tavernier, Costa-Gavras, Françoise Hardy, Thomas Dutronc, Sanseverino, Calogero la soutiennent… Ils sont des milliers à se manifester sans cesse ! Nous sommes puissamment soutenus par le milieu de la création, ainsi que par Jack Lang, qui en est très proche. » Belle représentativité, et belle liste des artistes à qui ne plus acheter de CD ou aller voir en concert.

La liste n'est pas exhaustive, mais représentative de l'inculture complète de notre ministre en matière d'informatique. Mais contre cette bande de bourriques entêtées, nous avons pu avoir le plaisir d'entendre cinq députés qui ont su mettre au jour l'ensemble des problèmes, des incohérences et des absurdités de ce projet de loi bancal et qui, nous le savons déjà est voué à l'échec, comme l'a été son prédécesseur DADVSI. Ces députés de gauche, Martine Billard, Jean-Pierre Brard, Patrick Bloche, Christian Paul et à droite Lionel Tardy ont défendu contre vents et marées leur opposition au texte. D'ailleurs les messages de remerciements et de félicitation affluent sur leurs blogs (ex : Lionel Tardy) et leurs boites mail. Malheureusement, la majorité des députés UMP ont suivi passivement (on se demande même s'ils y comprenaient quelque chose) et suivi comme des moutons afin que Christine ait son projet voté, comme une gamine trépigne avant d'avoir enfin nouveau jouet des mains de ses parents. Cette manie particulièrement agaçante en France que tout ministre en fonction cherche absolument à laisser une trace (ici c'est un étron sur du marbre) les dessert en termes de crédibilité. Par leur peur panique d'Internet, réseau ô combien de fois plus rapide et incontrôlable que la télévision, la radio ou les journaux, le pouvoir en place démontre encore plus clairement sa volonté de contrôler tout ce qui se passe sur son territoire. Mais de la manière dont c'est parti, ça ne fera pas un mètre avant de planter : Sept personnes ne pourront jamais faire toutes les missions qui leur seront proposées, la question des coûts a été purement et simplement éludée et la majorité des internautes disposant de compétences sait déjà comment contourner l'obèse autorité. Sans parler des recours devant le Conseil Constitutionnel, qu'on espèrera sensible aux éléments de menace sur les libertés fondamentales des citoyens (notamment le fait qu'une haute autorité bypasse la justice régulière) ainsi que sur les atteintes multiples à la vie privée portés par ce projet. Il reste aussi le parlement Européen en espérant que l'amendement Bono sera voté, la Cour Européenne des Droits de l'Homme et en dernier recours, les élections. Mais pour ces dernières, il faudra expliquer dans quel merdier nous allons nous retrouver projetés.
Et pour conclure sur une petite note joyeuse, Jean Pierre Brad, député Gauche démocrate et républicaine a pu se faire une popularité nouvelle auprès des Internautes par des interventions pleines de réparties. Des best-of circulent déjà sur DailyMotion et on trouve déjà une page Facebook dédiée!

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