Le petit monde de Damien

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mardi 18 août 2009

Dream Theater - Black Clouds And Silver Linings

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Une nécessaire remise en question

Bon nombre de commentateurs voire de fans jugeaient le groupe de métal progressif le plus emblématique sur le retour depuis Octavarium, qui en dépit du morceau éponyme de 25 minutes et du concept tournant autour du chiffre 8 n'était finalement que moyennement convaincant, la faute à certains morceaux que même U2 n'aurait pas renié (I walk beside you par exemple). Après les gros succès de Metropolis Pt2 et l'expérimental Six degrees of innet turbulence, marquant tous deux l'apogée du groupe, puis du très bruyant Train of Thought, avec plus de 20 ans d'existence au compteur, il devient difficile de se renouveler. On pourrait considérer Octavarium et Systematic Chaos comme une sorte de traversée du désert, durant lesquelles le groupe cherche à se renouveler et quelque peu innover, tant la concurrence sur le créneau se fait sentir. N'a-t-on jamais entendu parler d'un groupe dont les compositions ou la technique pourraient s'apparenter à Dream Theater? Ainsi, Systematic Chaos reste lui aussi un album bien fignolé, de la production métallique comme sait nous en donner Dream Theater, mais manquant singulièrement d'âme au fur et à mesure du temps (à l'exception du In the presence of enemies et de The dark eternal night),

« L'est pas beau notre bébé? »

Ainsi, pour le dernier opus publié fin juin dernier, Mike Portnoy avait annoncé la couleur, le groupe ayant décidé de redonner un coup de lustre et de décapant sur ses compositions :

« Bien... D’habitude, je n’aime pas trop révéler ce qui se passe en studio par crainte de spéculation et d’analyses. Mais là, j’avais vraiment envie de partager ma joie avec vous. Donc voilà, ça y est, je viens de terminer l’enregistrement de la batterie pour notre futur album. Normalement, je ne donne jamais de descriptions des chansons, des titres, des longueurs, etc. Je dirai juste ceci : imaginez un album de DT avec "A Change Of Seasons", "Learning To Live", "Pull Me Under" et "The Glass Prison". Tout sur un même album. Pourriez-vous vous en remettre?»

Ainsi nait Black Clouds And Silver Linings, qui dans son édition digipack a la bonne idée de comporter trois CD. L'album, bien entendu, mais aussi les mêmes morceaux en instrumental seulement, pour les allergiques à la voix de James LaBrie ou bien ceux qui souhaitent tirer la quintessence des instruments comme d'habitude exploités à haut niveau. Enfin, petit bonus non négligeable, le troisième CD est un ensemble de reprises que le groupe a enregistré pendant l'élaboration de son album. Ils étaient coutumiers du fait sur d'anciens albums tels A change of seasons avec le morceau sobrement intitulé The big Medley, et cela fait toujours un bonus appréciable pour qui veut entendre ce que pourraient donner de grands groupes une fois passés à la moulinette des techniciens. C'est ainsi le cas pour Stargazer de Rainbow, (qui donne vraiment envie d'écouter l'original), de Queen, King Crimson et Métallica.

Les vieux pots, les bonnes soupes

Au nombre de six, les morceaux rappellent la bonne vieille habitude du groupe, à savoir se sentir à l'aise à l'approche ou une fois passée la barre des 10 minutes. Ainsi, on trouvera deux grosses masterpieces, respectivement de 15 et de 19 minutes en entrée et en dessert. Puis des compositions qui durent au minimum 5 minutes, pour un total de 75 minutes. C'est un peu la première marque de fabrique, des CD bien remplis, en donnant à l'auditeur au moins pour son argent. C'est triste à dire, mais c'est déjà ça.
La première chanson, A nightmare to remember est certainement celle sur laquelle le plus d'attention de l'auditeur se reporte, avide de savoir si Dream Theater a passé la vitesse supérieure ou reste à végéter quelque peu comme les productions précédentes. C'est pour cela que l'on retrouve quelques recettes aguichantes, entendues dans Metropolis Pt2, avec l'inclusion de sons d'ambiance. De même, les premières mesures ne sont pas tout de suite une cascade de notes bonnes à épater la galerie, mais une petite mélodie lancinante au clavier. Avec les sons d'orage en fond, on sent que la thématique de la chanson ne va pas être joyeuse. Puis viennent les autres instruments, dont la musique fait penser à celle des films d'épouvante, et passé cette introduction, la machine de guerre habituelle prend le relais, avec les riffs taillés à la serpe et les rythmiques endiablées. A nightmare to remember est un morceau évoquant un accident de la route dans lequel John Pettruci a été impliqué. Vient ensuite A Rite of Passage, qui est sans conteste un des morceaux les plus accessibles, presque taillé pour la radio en dépit de sa durée. Le riff principal fait penser à Home sur Metropolis Pt2. Dans le cas de Wither, c'est la chanson qui ne restera pas vraiment dans les mémoires. Cette ballade est plutôt quelconque et fait passer à la suite, en l'occurrence le final d'un feuilleton commencé depuis Six Degrees Of Inner Turbulence, à savoir le fameux chemin de croix des Alcooliques Anonymes, qui se termine avec The Shattered Forteress. Cette chanson met un terme final à la saga, qui, épisodes cumulés dure environ 50 minutes. Nul doute que l'on y aura droit aux prochains concerts. La construction du morceau emprunte des boucles et des riffs des épisodes précédents et en ordre décroissants, ce qui fait que le morceau se termine comme The Glass Prison avait commencé. The Best of Times est une chanson entrainante en hommage au père de Mike Portnoy, disparu cette année. Enfin, la dernière chanson, The Count of Tuscany, dure presque 20 minutes et donne dans l'épique, relatant une rencontre peu agréable et évoquant les problèmes des jugements trop hâtifs envers les autres. La particularité tient dans ce long passage atmosphérique aux deux tiers du morceau, qui refait penser à l'introduction d'Octavarium. Elle fait baisser la tension, mais introduit forcément des longueurs, jusqu'aux dernières mesures épiques.

Au total Black Clouds and Silver Linings est un album de bonne facture dont la durée de vie devrait être plus longue que les deux précédents albums. Cela faisait quelques années qu'on attendait un retour un peu plus prog du côté de Dream Theater, contrat rempli.

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lundi 16 mars 2009

The Black Noodle Project - Éléonore

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Découvert au festival Crescendo, en même temps que Karcius, The Black Noodle Project est un jeune groupe de rock progressif français (cocorico!). Enfin jeune, il a quelques albums au compteur et quelques années de bouteille. Mais au regard d'autres formations, The Black Noodle Project fait partie des groupes montants.

L'objet que nous avons entre les mains aujourd'hui est leur troisième album paru en septembre 2008. Sobrement baptisé Éléonore, la pochette de l'album laisse apercevoir une petite fille aux traits inspirés par le style manga au milieu d'une forêt plutôt hostile. C'est le cas, puisque les sept pistes qui composent ce disque sont autant de chapitres d'un conte, en deux mots, nous avons à nouveau un Concept Album devant nous.

"Les contes de fées sont tout à fait raisonnables" (Gilbert Keith Chesterton)

Cette citation traduit un peu le but du groupe, à savoir mettre en musique un conte, écrit pour l'occasion par Jérémie Grima, guitariste et chanteur du groupe, intitulé Eléonore et le livre interdit. L'histoire raconte la vie d'une jeune fille, Éléonore, vivant avec ses parents dans une grande maison au fin fond d'une forêt, laquelle recèle un trésor pour elle, des monceaux de livres. Vient un jour par le plus fracassant des hasards où ses parents finissent par quitter ce monde, Commence alors pour Eléonore une quête pour tenter à tout prix de les ramener à la vie. En fouillant dans son grenier, elle découvre le Livre Interdit, grimoire mentionnant l'emplacement d'un Pays des Rêves, lequel endroit pourrait réaliser son désir le plus cher. Se mettant en route de plus en plus profond en forêt, elle traverse différentes contrées plutôt hostiles et tombe au milieu d'une intrigue triangulaire : elle rencontre successivement les Dévoreurs, qui mangent les arbres pour produire du combustible pour les Saigneurs, puis les Sans-Cœur, nom d'un peuple qui s'arrache le cœur pour le donner aux Saigneurs pour les défendre contre les Dévoreurs. A chaque fois, elle rencontre l'Idole, une créature au service des Saigneurs qui monte les Sans-Cœurs contre les Dévoreurs et inversement. La politique que voulez-vous, et Eléonore se retrouve au milieu de ce panier de crabes, avec en sa possession un Livre Interdit, convoité par les Saigneurs... La suite, je ne la révèlerai pas, à vous de la trouver.

Des influences de groupes sur le créneau du métal progressif

Avant Eléonore, The Black Noodle Project proposait aux oreilles une musique d'inpiration Pink Floydienne, force est de constaté qu'avec cet album, les choses sont plus corsées. Pas au point d'aller titiller la virtuosité d'un poids lourd tel Dream Theater, néanmoins, la tentative d'insuffler des guitares plus saturées contribue à l'ambiance plus lourde suivie par le conte. On se surprend à retrouver des passages que l'on jurerait pris de chez Porcupine Tree (le break à la fin de Awareness, que l'on peut retrouver notamment sur Fear of a blank planet). Comme le découpage de l'histoire suit les différents états d'esprits de l'héroïne (Sorrow, Hope, Fear, Awareness, Resistance, Escape, Deliverance), on pourrait qualifier cet album comme appartenant au genre atmosphérique. Cette ambiance concourt au déroulement l'histoire. Toutefois, si la qualité de la production est là, les musiques ne rentrent pas forcément dans la tête et on sent par moment un goût d'inachevé, où il manquerait la petite épice pour rehausser la saveur de l'album. A noter que pour ceux qui auront acheté le CD, vous pourrez trouver le conte originel en français et en anglais ainsi que deux sets de photos du groupe. Trop rare pour ne pas être signalé en ces temps d'Albanullerie aigüe...

Mention :CD3

lundi 23 février 2009

Devin Townsend - Ziltoid The Omniscient

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Cela faisait un moment que je n'avais pas parlé des galettes qui tournent chez moi. Aujourd'hui, un album un peu particulier, car entièrement composé, interprété et produit par une seule personne, Devin Townsend, artiste canadien de son état, complètement barré et extrêmement prolifique. Le genre à sortir un album en six mois, à prendre part à de nombreux projets (il avait notamment donné de la voix dans The Human Equation d'Ayreon). Ziltoid The Omniscient, c'est avant tout la somme de trois éléments : un concept album, une marionnette alien et beaucoup beaucoup de café. Du café? Eh oui, l'élément de départ de l'album, c'est un Alien débarquant sur Terre en réclamant le meilleur café qu'il soit, car c'est le carburant dont il a besoin pour altérer le Temps... Rien que ça. What Else? dirait George...
La marionnette existe, et l'édition collector avec le DVD propose quelques saynetes dudit Ziltoid. En voici un petit exemple, pour vous faire une idée du personnage




You give me some coffee! You give me some coffee! You give me some coffee!

Evidemment quand l'humanité reçoit un message du style You shall fetch me you Universes Ultimate Cup of Coffee... Black! You have five Earth Minutes, vous êtes certains que l'humanité est foutue. Déjà parce qu'il faut le temps que tout le monde se contacte, se mette d'accord sur quelle variété de café fournir, sans oublier les querelles habituelles sur le pays qui sait faire le meilleur café de la planète (rappelez-vous les pubs Jacques Vabre il y a quelques années). Donc résultat, notre Ziltoid pète son câble après qu'on lui ait servi une lavasse infecte et entreprend d'asservir l'humanité en l'hypnotisant par ses talents de guitar hero. Déjà à ce moment le scénario si tant est qu'il y en avait un part dans un magnifique WTF. La suite, je ne la décrirai pas parce que c'est du spoil, ensuite c'est difficile de formuler des mots sur le sujet, autrement dit, complètement barré et psychédélique

Sors ta batterie en mousse!

Maintenant qu'on a évoqué le scénario particulièrement awesome, parlons un petit peu du son. La première chose que l'auditeur pourra percevoir c'est la sonorité de la batterie. Elle n'est pas naturelle, mais électronique, dans le sens où Devin Townsend, lequel n'est pas batteur, a employé le Drumkit From Hell, un logiciel de la société ToonTrack. Ca pourrait faire parfaitement illusion si par moment le ryhtme n'était pas si rapide qu'aucun être humain ne serait capable de le tenir. Passé cet aspect moyennement rebutant, on retrouve le trio classique basse, guitare et clavier. Ils sont heurtés, agressifs, et par moments entrainants (HyperDrive). Mais tout l'album n'est pas fait que de riffs endiablés, il y a quelques morceaux qui sont beaucoup plus calmes (Solar Winds), beaucoup plus planants, et donc reposants après une piste telle Ziltoidia Attaxx, par exemple. La performance vient des cordes vocales de Devin, capable de rugir dans les graves ou de porter son chant sur de hautes octaves. Accessoirement, on entend des dialogues théâtralisés dudit Ziltoid, et des autres personnages de l'histoire. Au final, ça fait un album détonant (comme la plupart de ceux du canadien déjanté) et somme toute de bonne facture, si vous acceptez sa batterie en mousse...

mention CD4

vendredi 19 décembre 2008

Un groupe de rock progressif qu'il est bien : Karcius

19 décembre

Petite découverte très sympathique depuis le festival de rock progressif de Saint Palais sur Mer près de Royan (17), Crescendo. L'occasion pour moi de découvrir d'autres groupes d'un de mes genres musicaux préférés de tous horizons et de tous styles. Cette année, ce fut Karcius, un groupe canadien, lequel nous a fait le cadeau de nous proposer leur dernier album quelques semaines avant la parution dans tout bon magasin qui se respecte. Déjà présents à l'édition précédente et très probablement à l'édition de l'année prochaine, ce groupe distille un nectar sonore. Ici, pas de voix, que de l'instrumental. Et quel instrumental! Ca sonne comme du jazz - fusion, mais avec une forte influence de rock progressif et par moments de métal. J'ai acheté les deux derniers albums : Kaleidoscope et Episodes. Le premier est plus rythmé, plus agressif dans ses différentes compositions, tandis que le second sera beaucoup plus feutré. A chaque fois, la durée des morceaux fait que l'on décolle pour une bonne heure de musique bien balancée. Le quatuor donne tout ce qu'il a, joue avec beaucoup de brio et de maitrise. En résumé, ces deux albums valent vraiment le détour pour qui veut se forger une ambiance planante et rythmée à la fois. Un petit extrait pour vous faire une idée

lundi 8 décembre 2008

Les cartoons de Dream Theater

8 décembre

Hey! Hier je parlais de Dream Theater et notamment de Systematic Chaos et Octavarium. Après la sortie du DVD des concerts correspondants, ceux qui avaient eu la chance de les voir avaient remarqué des cartoons mettant en scène les membres du groupe. Enjoy!

Cela a commencé avec Octavarium, où les membres disposent d'un pouvoir commun à la Captain Planet quelque peu... poulpesque

Et ils ont remis le couvert en brigade de choc sur The Dark Eternal Night (aka N.A.D.S, North American Dream Squad)


A noter qu'un nouveau clip basé sur Forsaken, est sorti l'an dernier, mais dans un style moins délirant :

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